Beaucoup de personnes ont déjà vécu cette situation.
Un jour, on décide de commencer un régime.
On se promet de reprendre le contrôle de son alimentation.
Pendant quelques jours, parfois quelques semaines, tout se passe plutôt bien.
On fait attention.
On suit les règles.
On se sent motivé.
Puis progressivement, quelque chose se dérègle.
L’envie de certains aliments devient plus forte.
La nourriture occupe de plus en plus de place dans les pensées.
Et un moment arrive où l’on finit par manger davantage que prévu.
Après coup, un sentiment de découragement apparaît.
“Pourquoi est-ce que je n’y arrive pas ?”
Beaucoup de personnes en concluent alors qu’elles manquent de volonté.
Pourtant, comprendre pourquoi les régimes ne fonctionnent pas sur le long terme permet souvent de porter un regard très différent sur ce qui se passe réellement.
⸻
Ce que l’on croit souvent
Lorsque les régimes ne fonctionnent pas, l’explication la plus fréquente est simple :
“Je manque de discipline.”
La culture autour de l’alimentation véhicule souvent plusieurs idées :
• il suffirait d’avoir plus de volonté
• il faudrait mieux contrôler son alimentation
• certaines personnes seraient naturellement plus fortes que d’autres
Dans cette vision, si un régime échoue, la responsabilité semble entièrement personnelle.
Cette croyance peut être très lourde à porter.
Elle renforce souvent la culpabilité et le sentiment d’être en échec.
Pourtant, les recherches en nutrition et en psychologie montrent que la situation est bien plus complexe.
⸻
Ce qui se passe réellement
Notre relation à l’alimentation n’est pas seulement une question de règles ou de volonté.
Elle est influencée par de nombreux facteurs :
• les émotions
• le stress
• l’histoire personnelle
• les habitudes construites au fil du temps
La nourriture peut parfois devenir une manière de :
• se calmer
• se réconforter
• se distraire
• apaiser certaines tensions intérieures
Dans l’approche IFS (Internal Family Systems), on considère que différents aspects de nous-mêmes, que l’on appelle parfois des parts, peuvent intervenir dans ces moments.
Par exemple :
• une part peut chercher à contrôler l’alimentation
• une autre peut vouloir du réconfort
• une autre encore peut chercher à éviter une émotion difficile
Ces réactions ne sont pas des défauts.
Ce sont souvent des stratégies mises en place par notre système intérieur pour nous protéger.
Comprendre cela peut déjà transformer profondément le regard que l’on porte sur soi.
⸻
Pourquoi les régimes ne fonctionnent pas sur le long terme
Les régimes reposent souvent sur une logique simple :
contrôler l’alimentation pour obtenir un résultat.
Cela passe généralement par :
• des restrictions
• des règles strictes
• une attention constante à ce que l’on mange
Sur le court terme, cette stratégie peut parfois fonctionner.
Mais à long terme, plusieurs mécanismes peuvent apparaître.
D’abord, la restriction peut augmenter l’attention portée à la nourriture.
Plus un aliment devient interdit, plus il peut devenir attirant.
Ensuite, le contrôle permanent demande une grande énergie mentale.
Maintenir cette vigilance jour après jour peut devenir épuisant.
Enfin, lorsque l’alimentation sert aussi à réguler certaines émotions, un régime ne traite pas ce qui se passe en profondeur.
Il agit uniquement à la surface du comportement.
C’est souvent pour cela que beaucoup de personnes vivent le cycle suivant :
régime → contrôle → fatigue → reprise alimentaire → culpabilité → nouveau régime.
Ce cycle peut être décourageant.
Mais il ne signifie pas que la personne manque de volonté.
Il révèle plutôt que le problème ne se situe pas uniquement dans l’alimentation elle-même.
⸻
Une autre manière de regarder la relation à l’alimentation
Depuis quelques années, une approche différente se développe dans le domaine de la nutrition.
Elle consiste à ne plus considérer l’alimentation uniquement sous l’angle du contrôle.
Mais plutôt comme une relation à comprendre et à apprivoiser.
Dans la psychonutrition l’objectif devient alors de :
• retrouver les sensations alimentaires
• comprendre les émotions liées à la nourriture
• développer une relation plus apaisée avec son corps
Dans cette perspective, il ne s’agit pas d’imposer de nouvelles règles.
Mais plutôt d’explorer ce qui se passe intérieurement.
Par exemple :
• qu’est-ce que la nourriture apaise dans ces moments-là ?
• quelles émotions sont présentes ?
• suis-je en lien avec les besoins et les envies de mon corps ?
• est ce que je mange par automatisme ? …
Lorsque ces dynamiques sont reconnues et comprises, la relation à l’alimentation peut progressivement devenir plus souple.
Et souvent, l’alimentation reprend naturellement une place plus simple dans la vie.
⸻
Conclusion
Si les régimes ne fonctionnent pas sur le long terme pour beaucoup de personnes, ce n’est généralement pas une question de volonté.
Notre relation à l’alimentation est influencée par des mécanismes émotionnels et intérieurs beaucoup plus profonds.
Plutôt que d’entrer dans une lutte permanente avec la nourriture, il peut être plus aidant d’explorer ce qui se joue réellement en soi.
Avec le temps, cette approche permet souvent de retrouver une relation plus apaisée :
• avec l’alimentation
• avec son corps
• et surtout avec soi-même.